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IXVII1.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 219

Ce fut en effet par le ministre des finances que l’on com-mença; le 11 juillet, Necker reçut une lettre de cachet quilui annonçait sa disgrâce et lui enjoignait de quitter mysté-rieusement Versailles et la France . 11 obéit, monta aussitôten voiture, et sans même faire prévenir madame de Staël , safille, il gagna les frontières de Flandre . Les ministres deSaint-Priest, de Monlmorin, de la Luzerne, reçurent éga-lement l’ordre de quitter la cour et de remettre leurs porte-feuilles aux hommes impopulaires qui avaient été désignéscomme leurs successeurs par Marie-Antoinette . Le baronde Breteuil fut nommé président des finances; la Galaisière,contrôleur-général; le maréchal de Broglie fut élevé au dé-partement de la guerre; M. de la Porte, à l’intendance,et Foulon à la marine. Quoique cette réaction eût été opéréedans le plus grand secret, le renvoi de Necker et de ses col-lègues ne tarda pas à être connu. Avant même que la nou-velle en fût parvenue à Paris , l’on s’attendait à quelque chosed’extraordinaire, à cause du passage inusité de troupes defantassins , de cavaliers et d’artilleurs qui se dirigeaient surVersailles , en traversant les rues de la capitale, ainsi quepar les énormes placards affichés au coin des rues, où l’onenjoignait aux habitants, de par le roi, de rester dans leursdemeures, de ne point se rassembler sur les places, et de n’a-voir aucune inquiétude de la présence des corps d’armée.

Malgré la défense de sa majesté, le Palais-Royal se remplitd’une foule de citoyens avides de connaître les motifs de cegrand mouvement militaire, et d’argumenter sur les raisonssecrètes qui faisaient agir la cour. Une voix, dominant toutesles autres, lit entendre ces mots : « Necker est exilé! » En un