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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

les plus faibles caractères, lui fit abandonner ce projet; ilse persuada qu’il serait toujours libre d’en venir à cette me-sure extrême si l’horizon s’assombrissait, et qu’en attendantil ne devait pas légèrement risquer sa couronne.

L’Assemblée nationale, chargée de faire connaître les pro-messes du roi, avait envoyé une députation de quatre-vingtsreprésentants à Paris . On remarquait parmi eux les ducsd’Aiguillon et de la Rochefoucauld-Liancourt; Matthieu deMontmorency, l’un des plus ardents révolutionnaires de l’é-poque; le fameux évêque d’Autun, Talleyrand-Périgord , lemarquis de la Fayette et Bailly.

A leur entrée dans Paris , les commissaires furent envi-ronnés par une troupe de bourgeois et de soldats armés,qui leur servirent de cortège d’honneur et les conduisirentà l’hôtel de ville, où siégeait le comité permanent. Arrivéssur la place de Grève, leurs regards furent frappés par lespectacle magique d’une foule qui faisait retentir les airsd’applaudissements et de cris de joie. Dans la salle desséances, ils trouvèrent un public si nombreux, si transportéd’ivresse, qu’ils purent à peine obtenir un moment de si-lence. Enfin le marquis de la Fayette étant monté sur unetribune improvisée, prit la parole et annonça que le roiétait venu au milieu de l’Assemblée nationale sans pompe,sans appareil; qu’il avait confirmé l’établissement de la milicenationale et promis de faire renaître l’abondance dans lacapitale.

Fou jours magnanime et crédule dans ses triomphes, lepeuple pardonna, ajouta foi aux promesses du monarque,et répondit par des cris de vive le roi ! vive la nation ! vivent