IXV1II.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 233
les députés! Au milieu de ces transports, le marquis de laFayette fut proclamé commandant de la milice parisienne ,le vicomte de Noailles major général; Bailly fut égalementélu par acclamation maire de la capitale. La nomination deces trois députés annonçait le triomphe complet du partipopulaire. Dès ce moment, la royauté descendait au troisièmedegré des puissances de l’état, c’est-à-dire se trouvait ré-duite à avoir moins d’autorité que l’Assemblée nationale etque la Commune de Paris.
Louis XVI voulut tenter un nouvel effort pour ressaisir lesceptre qui lui échappait: il lit annoncer, le 16 , qu’il se ren-drait dans sa bonne ville de Paris . En effet, le lendemain, ilquitta Versailles , à huit heures du matin, accompagné d’unedéputation, et escorté par la milice bourgeoise, qui formaitdeux haies à droite et à gauche de la route. Aux portes dela capitale, il fut reçu par le corps municipal et par Bailly,et conduit en triomphe à l’hôtel de ville, où il prit la cocardenationale aux acclamations de tous les assistants. Puis , cettecérémonie terminée, il retourna dans la môme journée àVersailles .
On put croire un instant que l’apparition de sa majestéavait suffi pour faire cesser les désordres; mais le calme nedura que peu de jours, et la capitale devint encore le théâtre descènes terribles. S’il faut en croire les historiens du temps,les nouveaux soulèvements furent en grande partie le résultatdes machinations de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans , quidepuis plusieurs années songeait à renverser la brancheaînée des Bourbons et à s’asseoir sur le trône de France . Cedigne rejeton d’un valet d’écurie et d’une éhontée messaline