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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
ne négligeait rien pour capter la faveur populaire : malgréson avarice sordide, il distribuait des monceaux d’or, il par-courait les rues à pied, vêtu comme le plus simple bourgeois,donnait des poignées de main, affectait de se faire nommer leprince citoyen, et prenait toutes les allures du patriote le plusexalté. Mais, dans l’ombre, il ourdissait une trame infer-nale, et méditait deux trahisons, l’une contre le roi, l’autrecontre la nation. La dame de Genlis, une de ses anciennesmaîtresses, qu’il avait investie de la charge de gouvernantede ses enfants, le secondait admirablement dans l’exécutionde ses projets. Montjoie prétend qu’elle présidait le comitéd’insurrection qui se tenait dans les appartements du Palais-Royal, et qu’elle soudoyait des orateurs chaque lois qued’Orléans jugeait utile à sa cause de porter le peuple àquelque extrémité.
Ces accusations ne sont pas les seules que l’histoire for-mule contre cette femme; il en est déplus graves; mais laprudence et une sage réserve nous obligent de les passer soussilence. Le même auteur, contemporain des faits qu’il ra-conte, attaque plus vigoureusement encore le duc d’Orléans ;il rapporte une foule de meurtres et d’assassinats mystérieuxexécutés par ce prince, pour se débarrasser d’ennemis tropclairvoyants ou de confidents indiscrets ; il ajoute même qu’ilétait le fauteur des troubles qui ensanglantaient la France .Anquetil vient corroborer l’opinion de Montjoie dans le pas-sage de son Histoire de France où il dit que Louis-Philippe a consacré la plus grande partie de ses biens, qui étaientimmenses, et des subsides considérables qu’il recevait del’Angleterre, pour entretenir des armées de brigands qui ra-