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HISTOIRE DES PAPES.

(XVIII. S.]

se rapprocher de la cour, conçut alors de nouvelles inquié-tudes sur les libertés publiques, et parla de marcher surVersailles , de tripler les gardes, et de mettre des canons enbatterie; les districts se remuèrent, et le Palais-Hoyal seremplit de motionnâmes et d’agitateurs. Ce mouvement étaitjustifié par l’altitude de plus en plus hostile du pouvoir; in-dépendamment du régiment de Flandre, que le ministèreavait appelé à Versailles pour renforcer la garnison, il avaitmultiplié les congés de semestre; et de tous les olficiersroyalistes il avait formé un corps de volontaires de plus dequinze cents hommes ; en outre il avait doublé les cadres desgardes. Ensuite, sous prétexte de fêter les nouveaux venus,la reine avait engagé les gardes du corps à donner un repasaux officiers des autres régiments, et avait même offert lasalle de spectacle du château pour cette réunion. Le jour dugala, les officiers du régiment de Flandre, des dragons deMontmorency, des gardes-suisses, des cent-suisses, de laprévôté, de la maréchaussée, l’état-major et quelques offi-ciers choisis de la garde nationale de Versailles , invités parles gardes du corps, se rassemblèrent dans le grand salond’Hercule, d’où ils furent conduits, au bruit des fanfaresd’une musique militaire, dans la salle de l’opéra. Le premierservice se passa convenablement; au second service, onporta les santés du roi, de la reine, du jeune dauphin et dela famille royale. La santé de la nation, proposée par ungarde national inexpérimenté, fut rejetée expressément parles autres officiers. A l’entremets, on introduisit de nou-veaux convives; les grenadiers de Flandre, les Suisses etles chasseurs des Trois-Evêchés , qui avaient déjà fait de Iré-