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[XVIII. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 2'.9

quentes libations. Enfin, au dessert, la cour arriva pourhonorer de sa présence cette fête, qui commençait à dégéné-rer en saturnale; les dames se répandirent dans les loges;Marie-Antoinette descendit dans la salle du banquet et fit letour des tables en tenant le jeune dauphin dans ses bras.La soldatesque accueillit la reine avec des applaudissementsfrénétiques et de bruyantes exclamations ; tous les officiers,l’épée nue à la main, firent le serment de vivre et de mourirpour le roi.

Après le départ de la cour, l’orgie continua , les vins cir-culèrent dans les coupes et portèrent au dernier degré l’exal-tation de ces furieux ; ils ne s’en tinrent pas aux blasphèmescontre la nation , ils osèrent fouler aux pieds les couleursnationales, et remplacer leurs cocardes tricolores par des co-cardes blanches ou noires.

« Faut-il voir dans ces bacchanales une conspiration?» s’écrie Montgaillard ; oui, à la cour de France; car c’est» assez dans les habitudes de notre noblesse d’organiser des» complots contre la liberté du peuple, au milieu des chants,» des concerts d’instruments, des danses et des banquets; et» ne se rappelle-t-on pas que de semblables fêtes couvraient» les préparatifs de la Saint-Barthélemi ? »

En effet, le lendemain de ces saturnales, l’aristocratiemarchait tête levée au château; les nobles dames attachéesà la reine distribuaient ouvertement des cocardes aux sol-dats ; les bretleurs et les maîtres d’armes des régiments cou-raient les rues et insultaient les citoyens qui portaient lescouleurs de la nation.

Le parti royaliste était dans l’enivrement du succès qu’il