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HISTOIRE DES PAPES.

(XVIII. S.)

obtenait à Versailles , et de la tournure que prenaient lesaffaires à Paris . Grâce aux machinations de Bailly et de laFayette, le comité des subsistances continuait à affamer lacapitale, le comité militaire à désarmer le peuple, et le co-mité de police à intimider les citoyens par des arrestationscontinuelles.

Heureusement les patriotes veillaient; et les districts,avertis à temps des projets liberticides de la cour, purentprendre des dispositions pour résister aux ennemis de iacause publique. Camille Desmoulins , dans son journal desRévolutions de France et de Brabant, nous trace un tableaude Paris à ce moment, qui donne une idee exacte de la si-tuation des choses, et lait pressentir les journées mémora-bles des 5 et 6 octobre. « La femme du roi, dit l’historien ,avait été trop contente du repas fraternel du jeudi pourqu’il ne fût pas renouvelé. Le samedi, les officiers de lagarnison rendirent leur dîner aux gardes du corps. Dansce banquet, les mêmes scènes de scandale se renouvelèrentavec des circonstances aggravantes. Tout ce qu’il y avait depatriotes à Versailles en fut indigné; plusieurs partirentpour porter ces nouvelles à Paris . Le jour même, samedisoir, tout Paris s’émeut. Le lendemain, dimanche 4 octobre,on prend les armes , on se répand dans les rues à la chassedes cocardes d’une seule couleur. On lient conseil au Palais-Royal , au faubourg Saint-Antoine, à la tête des ponts, surles quais; il s’établit des conférences à la porte des calés,entre les bourgeois qui sont dans l’intérieur et les ouvriersattroupés au dehors. On observe que la hardiesse des aris-tocrates s’accroît à vue d’œil, que madame Viilepatour et