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[XVIII. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 251

d’autres femmes de Marie-Antoinette distribuent dans l’Œil-de-bœuf d’énormes cocardes blanches. On observe qu’il n’ya pas un moment à perdre, que le bateau qui apportait lesfarines de Corbeil, matin et soir, n’arrive plus que tous lesdeux jours : voudrait-on nous attaquer dans un moment oùon nous aurait tenus à jeun pendant quarante-huit heures?On observe que les parlements donnent encore des signesde vie ; que Toulouse brûle des brochures ; que Rouen dé-crète des patriotes absous par l’Assemblée nationale; queParis enregistre des édits. On observe qu’il se tient desconciliabules dans les hôtels des aristocrates; qu’il existedes racoleurs, et qu’ons’enrôleailleurs que dans les districts,et clandestinement. On observe qu’on a vu dans la capitale,ainsi qu’à Versailles , un uniforme sinistre, uniforme vert àparements rouges ; qu’on équipe un nouveau corps de troupescomme surnumérariat indéiini des gardes du corps; qu’ilexiste un projet de faire enclouer tous les canons dont sesont emparés les Parisiens. La fable aide au soulèvementgénéral aussi bien que la vérité et la terreur. On conte quedes mains invisibles marquent quantité de maisons des pa-triotes en rouge et en noir; que quinze mille uniformes ontété commandés à un tailleur, quarante mille fusils à un ar-quebusier; on se dit qu’un meunier a reçu un billet de caissepour ne pas moudre, avec promesse de lui en (aire passerun bon nombre, s’il voulait demeurer les bras croisés dansson moulin.»

D’après cet aperçu, il était facile de prévoir que la plus lé-gère commotion suffirait, comme il arrive souvent dans lesémeutes populaires, pour faire éclater une insurrection for-