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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.)

de Grève; tout faisait présager une explosion. Une grandepartie des représentants de la commune était retournée àl’iiôtel de ville; les comités étaient en activité. Le généralla Fayette était à celui de la police, dictant pour l’As-semblée constituante et pour le roi des dépêches relatives àl’insurrection du matin, et fort indécis sur la conduite qu’ildevait tenir. Une députation des grenadiers vint mettre fin àses hésitations; l’un d’eux prit la parole et lui dit : « Géné-ral, nous venons de la part des six compagnies de grena-» diers vous déclarer que nous répugnons à vous croire» traître à la patrie; mais nous sommes persuadés que le» gouvernement nous trahit, et nous voulons que tout ceci» finisse. Nous ne pouvons tourner nos baïonnettes contre» des femmes et des enfants qui nous demandent du pain.» Si Louis XYI est incapable de faire le bonheur de la na-» lion, qu’il dépose la couronne ! Jusque-là, nous devons» remplir notre devoir; le peuple est malheureux; la source» du mal est à Versailles ; il faut aller chercher le roi. »

Le marquis de la Fayette, vivement ému par cette singu-lière allocution, s’empressa de descendre sur la place, haran-gua les grenadiers et leur rappela le serment qui les liaità la nation, à la loi et au roi ; mais il 11e fut pas écouté, et savoix se perdit au milieu des cris sans cesse renouvelés : « A» Versailles! à Versailles! » Alors il chercha à temporiser,monta à cheval, et annonça qu’il était prêt à partir dès quela Commune en aurait délibéré. A chaque instant l’efferves-cence augmentait avec une rapidité effrayante: les faubourgsSaint - Antoine et Saint - Marceau lançaient des essaimsd’hommes armés de piques, de broches, de haches et de