[XVIII. S.J GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 255
bâtons ferrés; des compagnies de districts arrivaient préci-pitamment de tons côtés avec dn canon; des clameurs si-nistres se mêlaient aux premiers cris et se prolongeaient avecun horrible retentissement. La délibération ne se terminaitpoint, et la position de la Fayette devenait de plus en plusalarmante. 11 voulut monter à la Ville, une compagnie luibarra le passage, « Morbleu! général, crièrent les grenadiers» du centre, si vous désertez nos rangs, nous ne répondons» plus de vous. « Déjà on frémissait d’impatience et de cour-roux. Enfin une lettre lut apportée à la Fayette; c’était unedécision de la municipalité qui enjoignait au commandant departir avec l’armée, et nommait pour l’accompagner quatrecommissaires. Le général pâlit, promena un regard doulou-reux sur les nombreux bataillons qui l’investissaient, etdonna l’ordre du départ. Un cri de joie universelle répondità ce commandement et fit retentir les airs.
Cette marche à travers la ville fut un véritable triomphe;les battements de mains, les bravos, les applaudissementsd’allégresse accompagnaient les vengeurs de la nation, untransport martial saisissait toutes les âmes; mais dès qu’onrut cessé de voir flotter les étendards et d’entendre le bruitdes tambours, une sombre tristesse succéda dans la capitaleaux éclats bruyants de la joie.
Pendant que la Fayette se mettait en route avec la gardenationale, Maillard entrait à Versailles avec sa troupe. Surles trois heures il déboucha par l’avenue de Paris , et se di-rigea vers l’Assemblée nationale. Arrivé à la porte de la salle,il fit faire balte, commanda aux Parisiennes d’attendre sonretour, et parut à la barre, suivi de quinze d’entre elles et