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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
d’un adjudant. Il fit un tableau déchirant de la misère dupeuple, et obtint des députés qu’ils désigneraient sur l’heureune commission chargée de porter au roi les plaintes de lacapitale. Dans l’intervalle, on battait la générale, la muni-cipalité de la ville s’assemblait, les gardes du corps mon-taient à cheval et se formaient en escadron sur la place d’ar-mes, le dos tourné contre la grille du château, et la droiteappuyée à l’ancienne caserne des gardes françaises; en mêmetemps étaient venus se déployer à leur droite, jusqu’auxécuries du roi, les dragons et les soldats du régiment deFlandre; les gardes suisses s’étaient portés un peu au-dessousdans la première cour du château, tous avec leurs armeschargées et des munitions dans les gibernes.
Le président Mounier et six représentants, qui avaient étéchoisis par l’Assemblée pour former la députation, sortirentde la salle et se dirigèrent vers le château, à pied, malgré uneforte pluie. Une foule d’habitants de Versailles bordait dechaque côté l’avenue; la troupe de Maillard suivait en silence,rangée derrière les députés, et s’avançait avec le plus grandordre, lorsqu’il prit aux gardes du corps la fantaisie detroubler la marche du cortège en simulant des charges eten affectant de faire caracoler leurs chevaux tout près desreprésentants pour faire rejaillir de la boue sur leurs vête-ments. Les Parisiennes voulurent garantir la députation etl’enveloppèrent. Le duc de Guiche, qui commandait les sbiresdu roi, se mit aussitôt à la tête des soldats, s’élança sur legroupe, sabre nu et au galop, et culbuta plusieurs femmessur le pavé. « On sent bien, dit Mounier dans son exposé» justificatif, quel excès de rage durent éprouver ces infor-