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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
hison, et envoyèrent une seconde députation pour signifierau monarque qu’elles n’avaient aucune confiance en sa pa-role, et qu’elles voulaient un ordre signé de sa main pourfaire venir immédiatement les farines que la cour tenait enréserve à Salis et à Lagny, et pour lever tous les obstaclesqui s’opposaient à l’approvisionnement de Paris .
L’ordre fut délivré et remis aux obstinées Parisiennes, quiretournèrent auprès de leurs compagnes et le leur présen-tèrent. Un peloton de jeunes ouvrières, conduit par unsoldat de la garde nationale, nommé Brunout, s’avançaaussitôt pour les entourer et les escorter avec honneur. Aumoment où celte petite troupe défilait devant le château, leduc de Guiche et ses gardes du corps s’élancèrent sabre enmain comme ils l’avaient déjà fait, culbutèrent les femmeset les mirent en déroute. Brunout, se trouvant séparé de satroupe, chercha son salut dans la fuite. Mais avant qu’ileût pu gagner le corps de garde de la milice , qui était toutproche, un lieutenant, nommé Savonnières, et deux autresofficiers, étaient descendus de cheval, lui avaient barré lechemin et le poursuivaient pour l’égorger. Ce malheureux ,se voyant assailli par trois ennemis à la fois, tira son sabrepour parer les coups qu’on lui portait, et se réfugia, tou-jours en se défendant, dans une baraque adossée à une mu-raille. Enfin, il était près de succomber, lorsqu’un coup defusil, tiré par un soldat de la milice de Versailles , cassa lebras au lieutenant Savonnières et sauva Brunout.
Ce premier acte d’hostilité redoubla l’animosité des deuxpartis. Des gardes nationaux adressèrent de vifs reprochesaux sbires de la cour; ceux-ci y répondirent par des coups