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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
d’hommes armés, les mêmes qui avaient servi d’escorte auxParisiennes, restaient postés devant l’Assemblée nationale,et annonçaient l’intention de forcer le château si on refusaitde leur donner des vivres. Ces malheureux, la plupart cou-verts de vêtements déchirés, souillés de boue ou noircis parla poudre, harassés de fatigue et mourants de faim, présen-taient un spectacle à la fois effrayant et digne de pitié.
Tel était le trouble qui s’était emparé des esprits, quepersonne ne songeait à conjurer le danger; la municipalitéelle-même ne savait prendre aucune décision. Enfin, M. Le-cointre, lieutenant-colonel des volontaires de Versailles , pritle parti, en l’absence des généraux qui avaient lâchementabandonné leur poste, de faire acte d’autorité; il vint suivid’un aide de camp et d’un aide-major vers les Parisiens,fit arrêter ses officiers aux gardes avancées, et s’approchaseul jusqu’à la bouche des canons.
« Vos frères de Versailles , dit-il à haute voix, étonnés de» vous voir dans cet équipage, m’envoient demander quel» sujet vous amène dans leur cité et ce que vous désirez. »Un cri général répondit: « Du pain et la cessation de la fa-» mine dans la capitale! —Nous subviendrons à vos plus» pressants besoins, répliqua Lecointre; mais jurez-moi que» vous ne quitterez pas votre poste. » La promesse lui enayant été faite, il ajouta : « Combien êtes-vous? — Six cents !» — Autant de livres de pain vous suffisent-elles? — Oui ! »Aussitôt il courut à la municipalité pour obtenir cette livrai-son. Les conseillers objectèrent que la distribution seraitdifficile, refusèrent le pain, et consentirent seulementà fairele sacrifice de deux tonnes de riz. Ils signifièrent leur arrêté