[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 261
à la députation qui accompagnait le lieutenant-colonel, etchargèrent celui-ci de retourner auprès de la troupe pour luidemander si elle désirait qu’on délivrât le riz cru ou cuit.
• Lecointre se trouvant obligé de se rendre sur la placed’armes, envoya à sa place son aide de camp, qui s’acquittaavec beaucoup de difficulté de la mission délicate qu’il avaità remplir, et revint annoncer que les Parisiens acceptaient leriz cuit; mais, pendant cette courte absence, la municipalités’était dissoute, et avait laissé un ordre conçu en ces termes :« L’assemblée municipale se retire, et laisse le sieur Le-» cointre maître de faire tout ce qu’il jugera convenable pour» la tranquillité de Versailles . »
Du reste, nulle part il n’y avait vestige de riz ni d’aucuneespèce de vivres. I/aide de camp quitta les députés quil’avaient suivi, en les assurant qu’il allait rejoindre soncommandant, et qu’il s’occuperait avec lui des moyens deprocurer du pain à la troupe parisienne . Mais celle-ci, quiétait fatiguée d’attendre, voyant qu’on ne tenait pas les pro-messes qui lui avaient été faites, se crut dégagée du sermentqu elle avait prêté de rester campée dans l’avenue de Paris ,et se répandit dans la ville pour se mettre à la recherche devivres. Dans l’intervalle arriva une dépêche de la Fayettequi annonçait que le calme était rétabli dans la capitale, etqu’il marchait à Versailles pour sauver la famille royale.
Cette nouvelle dissipa les alarmes du château; la cour seflatta d’apaiser la colère du peuple en ordonnant une retraitesimulée des troupes. Le traître d’Estaing parut alors pour lapremière fois au corps de garde national, pour faire exécu-ter le même mouvement à la milice citoyenne. Plusieurs
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