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HISTOIRE DES PAPES.
IXVIII. S.]
compagnies obéirent; d’autres, et parmi ces dernières ladivision Lecointre, voyant que les gardes du corps demeu-raient sur la place d’armes, refusèrent de partir avant qu’ilseussent défdé. Ceux-ci se mirent en marche, et prirent lechemin de leur hôtel en longeant l’esplanade ; mais commela plupart étaient gorgés de liqueurs et fanatisés de roya-lisme, en se retirant ils tirèrent leurs sabres et en firent unterrible usage sur des malheureux que l’obscurité ne per-mettait pas de distinguer; puis, au moment où leur dernierescadron passait devant les volontaires de Versailles , ils dé-chargèrent leurs pistolets presque à bout portant sur les mili-ciens. Un grenadier, nommé Monneret, eut son chapeau percé;un autre, nommé Lourdel, eut la poitrine labourée par uneballe ; un troisième, le jeune Briand, eut la joue effleurée. Lesvolontaires qui se trouvaient en ce moment sur l’esplanaderépondirent à cette attaque par quelques coups de feu. Deuxescadrons de gardes du corps revinrent aussitôt sur leurspas, firent une nouvelle décharge de leurs mousquetons, etse replièrent sur le château, au lieu de gagner leur hôtel.
Le peuple était bouillant de colère; la milice, qui venaitde courir les plus grands dangers, paraissait exaspérée, etdemandait à grands cris des munitions pour se mesurer avecles satellites de la cour. Une députation vint immédiatementréclamer de la poudre à un certain de Ja Touiinières, com-mandant d’artillerie, chargé du dépôt des munitions; etcomme il refusait d’obtempérer aux ordres des miliciens,un sous-lieutenant, nommé Bury, lui mit le canon de sonpistolet sur la poitrine, et le força de lui délivrer une demi-tonne de poudre et un demi-baril de balles.