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1 X VIU.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 263

On se hâta de charger les fusils et de braquer les canons,pour répondre aux gardes du corps, que l’on s’attendait àvoir reparaître; mais ceux-ci, instruits de la distribution desballes et de la poudre, jugèrent plus prudent de se formeren bataille derrière les grilles, partie sur la terrasse, partiedans la cour des ministres.

Un seul garde était tombé au pouvoir du peuple, ainsi queson cheval, qui avait reçu un coup de.feu; l'homme lut con-duit à la caserne des ex-gardes françaises et renvoyé sain etsauf; quant au cheval, il fut rôti et mangé, tant la laimétait pressante.

La nouvelle qui se répandit de l’arrivée d’une armée pari-sienne vint faire diversion à ces scènes; le peuple quittamême l’esplanade et se réfugia dans le corps de garde et àl’Assemblée nationale, pour se mettre à l’abri de la pluie, quicontinuait à tomber par torrents. Les galeries de la chambredes représentants offrirent bientôt le coup d’œil étranged’une foule de piques et de bâtons ferrés, et de spectateurshâves, décharnés, qui, oubliant leurs propres souffrances,se bornaient à faire prier l’Assemblée par l’organe de Mail-lard, leur orateur, d’accélérer les travaux de la constitution,et de passer outre malgré le veto du roi, s’il persistait àrefuser sa sanction.

Sur les onze heures, le président Mounier parut dans lasalle et donna lecture de l’acceptation de Louis XVI ; elleétait ainsi conçue : « J’accepte purement et simplement les» articles de la constitution, et la déclaration des droits de» l’homme, que l’Assemblée nationale m’a présentée. Signé» Louis, » Des applaudissements frénétiques répondirent à