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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.1

cette communication ; toutefois les acclamations se trouvèrentmêlées de murmures d’un grand nombre de gens qui se plai-gnaient de n’avoir pris aucun aliment depuis vingt-quatreheures. Le président envoya chercher du pain dans toutesles boulangeries de Versailles , fit distribuer du vin, descervelas, et la salle des États-Généraux se trouva transfor-mée en salle de banquet.

Informée de cette circonstance, la cour voulut en profilerpour renouveler sa tentative d’évasion ; cinq voitures atteléesde six et huit chevaux vigoureux, et escortées de cavaliersdéguisés, se présentèrent à la grille du Dragon; la sentinelleétonnée appela le commandant du poste et fit sortir lagarde, qui se plaça devant les piqueurs. Ceux-ci insistèrentpour passer, annonçant que la reine était dans son car-rosse et qu’elle voulait aller au Lelil-Trianon. L’officiertint bon, objecta que dans les moments de troubles où l’onse trouvait, sa majesté courrait des dangers en sortantdu château, et lit ramener les voitures aux écuries. D’unautre côté, on saisit un fourgon chargé de malles; enfin , versle milieu de la nuit, on arrêta un palefrenier du lâche d’Ls-taing, conduisant cinq chevaux tout hridés el sellés, qu’ilavoua tenir depuis le soir dans le parc par ordre de sonmaître. Si à ces diverses circonstances on ajoute que leschasseurs de Lorraine , qui tenaient garnison à Hambouillet,avaient été prévenus depuis plusieurs jours de se tenir prêtsà marcher, et qu’ils passèrent cette nuit sous les armes , ondemeurera convaincu que le comité de Marie-Antoinette avaitbien positivement formé le projet de déterminer le roi à unefuite, et de l’entraîner dans une guerre civile, si vivement