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[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 265

désirée par ies sangsues de la cour, et regardée par la no-blesse comme le dernier retranchement du despotisme et del’aristocratie. A onze heures et demie du soir, le châteaun’avait pas encore perdu tout espoir de réussir dans ses cou-pables tentatives; les gardes du corps avaient reçu ordre dese ranger en bataille avec les Suisses , et de se tenir prêts àentamer le combat avec-la milice nationale, afin de dégagerle point choisi pour la retraite. Mais le bruit des tambourset les feux qui servaient de signaux à l’armée parisiennevinrent leur apprendre qu’il n’était plus possible de mettreleurs projets à exécution. L’avant-garde, commandée par leduc d’Aumont, se déploya sur la place d’armes; elle futsuivie de près par le corps d’armée, qui était sous les ordresde la Fayette.

Le général se rendit à l’Assemblée nationale et ensuiteauprès de Louis XVJ, avec qui il eut un entretien particu-lier. A la suite de cette conférence, le roi parut tout à faitrassuré; il fit même prévenir le président Mounier d’avoir àse rendre au château, et le chargea de dire aux députés,« qu’il n’avait point eu l’intention de partir, que jamais il ne» consentirait à s’éloigner de l’Assemblée nationale, qu’il» avait toute confiance dans la milice bourgeoise, et qu’il» allait la charger de la garde de sa personne. » En effet, ildonna ordre à la Fayette de faire occuper par les Parisiensles postes extérieurs, et de réserver seulement les postes del’intérieur du palais aux gardes du corps, aux Suisses et auxcent-suisses. Lorsque ces dispositions eurent été prises, lesdivers détachements de l’armée se retirèrent dans les égliseset dans d’autres édifices publics pour y passer le reste de la