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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

nuit. Les députés se séparèrent également pour prendre quel-que repos, vers quatre heures du matin, quand ils virent quele calme était rétabli. Cette tranquillité dura jusqu’au jour.Sur les six heures, le peuple commença à se répandre dansles rues : le hasard voulut qu’un groupe de citoyens aperçutà l’une des fenêtres de l’aile droite du château un garde ducorps qui avait une cocarde blanche; on lui cria de prendreles couleurs nationales; le garde, au heu d’obéir, répondit pardes injures; les citoyens ripostèrent sur le même ton; alorsce misérable arma son fusil, et sans autre provocation il miten joue un de ses interlocuteurs et le tua roide d’une balledans la poitrine. La victime était un jeune homme de dix-huit ans, fils d’un sellier de Paris , soldat dans la garde na-tionale. Cet acte de froide barbarie exaspéra les assistants;tous, cédant à leur indignation, s’élancèrent sur la grille,en forcèrent l’entrée, pénétrèrent dans l’intérieur du château,s’emparèrent d’un garde qu’ils crurent reconnaître pour lecoupable, le traînèrent dans la cour de marbre et lui tran-chèrent la tête. Hélas! ils ne devaient pas s’arrêter à cet actede justice; plusieurs d’entre eux qui avaient été sabrés laveille voulurent tirer vengeance du sang répandu, et pour-suivirent les gardes dans les galeries, sur les escaliers et jus-que dans les appartements de la reine, où ils en tuèrent en-core deux. Arrivés à la porte du cabinet du roi, ils trouvè-rent un huissier qui leur ordonna de respecter la chambre desa majesté et de sortir; ils obéirent.

La Fayette accourait en ce moment, suivi de quelquescompagnies de grenadiers de la milice parisienne; il ha-rangua les citoyens et parvint facilement à rétablir la tran-