[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 267
quillité dans le château. Comme au dehors les clameurs con-tinuaient à se faire entendre, les gardes du corps se mon-trèrent aux fenêtres avec d’énormes cocardes tricolores; etle roi parut sur le balcon , seul d’abord, puis avec la reine etle dauphin. Alors le peuple cria: « Le roi à Paris ! Vive la» nation! Le roi à Paris! — Vous me demandez à Paris :» j’irai ; mais avec ma femme et mes enfants. » Ue nouvellesacclamations accueillirent ces paroles, et pour la premièrefois on cria : « Vive la reine! »
A une heure de l’après-midi Louis XVI se mit en route,escorté par le régiment de Flandre, par les gardes du corps,les dragons, les cent-suisses et par la garde nationale. Lamarche fut lente comme celle de la foule qui formait le cor-tège et qu’une pluie battante ne put dissiper; aucun spectaclen’affligea les yeux de la multitude des curieux, car la banded’hommes qui portait sur des piques les têtes des gardestués le malin, était arrivée sur le midi aux barrières deParis , où elle avait été contrainte de se dissiper et de déposerses horribles trophées. A six heures du soir le gros du cor-tège entra dans la capitale et accompagna le roi à l’hôtel deville. La marche était fermée par plusieurs files de voiluresde grains. Louis XVI et Marie-Antoinette lurent complimen-tés officiellement par les orateurs de la commune, ensuitereconduits aux Tuileries .
Les événements des journées des 5 et 6 octobre appor-tèrent de notables changements dans la situation des partis ;celui de la résistance, c’est-à-dire toute la cour et la portionde l’Assemblée nationale qui se rattachait à la reine, futfrappé de terreur; le parti de la démocratie regarda la