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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
bataille comme gagnée et entonna des chants de triomphe.
Camille Desmoulins écrivait dans son journal des Révolu-tions de France et de Brabant: « . Victoire! la halle
» regorge de sacs, la caisse nationale se remplit, les mou-» lins tournent; Paris a échappé à la banqueroute, à la l’a-» mine, à la dépopulation qui le menaçait; les patriotes ont» vaincu, la calotte est par terre, l’aristocratie expire et les» traîtres sont en fuite. »
Cependant tous les symptômes d’agitation n’avaient pointdisparu; on continuait à former des attroupements au coindes rues; on accusait ouvertement les ministres d’avoir ap-prouvé et secondé les machinations de la cour, et on parlaitsérieusement de les mettre en accusation. Necker surtoutétait devenu l’objet d’une haine universelle; sa popularitéavait entièrement disparu; il était désigné dans tous les jour-naux comme un traître, un félon gagné à l’aristocratie. Marat flagellait tous les ministres indistinctement, el s’écriait dansson langage énergique :
« Quoi ! c’est pour assurer la créance des financiers,» pour soudoyer les pensionnaires du prince, des ambas-» sadeurs inutiles, des gouverneurs, des commandants, des» femmes galantes, des chevaliers d’industrie, des escrocs» titrés, des académiciens ignorants et fainéants, des so-» phistes, des saltimbanques, des histrions, des baladins,» des ex-ministres ineptes, des exempts de police, des es-» pions, et cette br illante tourbe des créatures du maître,» qui forment la chaîne des instruments de la tyrannie, que» de pauvres artisans, de pauvres ouvriers, de pauvres ma-» nœuvres, qui ne gagneront jamais rien ni aux marchés