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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
sur d’Orléans, toujours est-il que Louis XVI y ajouta quelquecréance, puisqu’elles le décidèrent à l’exiler à Londres .
Lorsque l’effervescence fut un peu calmée, la cour repritses projets de réaction royaliste, de fuite et d’invasion étran-gère; n’osant point encore sortir de Paris , elle voulut aumoins tirer parti de sa position, et chercha à détourner lessoupçons. Louis XVI écrivit au président de l’Assembléenationale qu’il s’était décidé à établir sa résidence dans lacapitale, et qu’il invitait les députés à y transférer le siègedes séances, et à nommer des commissaires pour choisir unlocal convenable. Les représentants se rendirent aux désirsdu monarque, et vinrent s’établir à l’archevêché de Paris le19 octobre; quelques jours après, ils occupèrent le manègedes Tuileries.
Si la cour intriguait pour faire .revivre l’ancien ordre dechoses, il est juste de dire que le peuple ne négligeait rienpour assurer le triomphe de la liberté: partout les gardesnationales se formaient en fédération pour faire respecter lesdécisions de la Constituante, pour assurer la libre circulationdes blés, favoriser leur transport, prendre en sauvegardetout ce qui était relatif aux subsistances , ainsi que l’approvi-sionnement de la capitale et des autres villes de la France .La lutte était ouverte entre le despotisme et la démocratie ;les nobles, les prêtres et les militaires tenaient des concilia-bules et conspiraient ; les citoyens, de leur côté, formaientun comité de recherches, et une contre-police pour sur-prendre les secrets de leurs ennemis. Ce fut ainsi qu’on dé-couvrit les fils d’une conjuration dans laquelle se trouvaitMonsieur, frère du roi, et qui avait pour but d’enlever