[XVIII.S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS.271
Louis XVI et la famille royale, de les conduire à Péronne ,de soustraire les sceaux de l’état, et de faire assassiner leschefs les plus influents de l’Assemblée. Douze mille Suisses ,douze mille Allemands, cl un nombre considérable d’engagésvolontaires, devaient aider à l’exécution de ce coup de main.Le marquis de Favras était l’âme de l’intrigue : ce vil agentfutarrêté, jugé par une commission, condamné à faire amendehonorable et à être pendu en place de Grève, ce qui fut exé-cuté. Le comte de Provence vint se justifier devant les re-présentants de la Commune de toute participation à ce com-plot, et jura sur son honneur qu’il n’avait en rien trempédans cette affaire. Plus lard , on trouva la preuve irrécusablede la culpabilité du prince, dans une lettre qui fut saisiedans les papiers d'un sieur Durand de JMaillane : elle étaitadressée à Favras cl datée du 1 er novembre 1789. Monsieurlui écrivait : « Je ne sais à quoi vous employez votre temps et» l’argent que je vous envoie. Le mai empire; l’Assemblée» nationale détache tous les jours quelque chose du pouvoir« royal; que restera-t-il si vous différez? Je vous l’ai dit et» écrit souvent, ce ne sera point avec des libelles, des tri-» bunes payées, quelques malheureux groupes soudoyés,» que l’on parviendra h écarter les hommes d’action qui ont« excité l’insurrection parmi le peuple. Il faut que dans» l’émeute excitée par vous on corrige les mutins de ma-» nière à n’y plus revenir. Ce plan a en outre l’avantage« d’intimider la nouvelle cour et de décider l’enlèvement» du roi. Une fois à Metz ou à Péronne , il faudra bien que» mon frère se résigne. Tout ce qu’on veut est pour son» bien. S’il aime la nation, il sera enchanté de la voir bien