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HISTOIRE DES PAPES.

(XVIII. S.]

» gouvernée. Renvoyez au bas de cette lettre un récépissé de» deux cent mille livres. »

On prétendit à celte époque que la reine n’était point étran-gère à cette intrigue; et ce qui contribua à maintenir cettecroyance, fut qu’elle accorda une pension à laveuvede Favras,et qu’elle fit enlever du greffe du Châtelet les pièces princi-pales du procès. Mais le mauvais succès de ces tentatives laconvainquit qu’elle n’avait aucun compte à faire sur les cour-tisans qui l’entouraient, et la détermina à chercher des alliésdans les rangs de ceux qui s’étaient montrés ses ennemis.Elle s’adressa à Mirabeau, qui déjà avait vendu, en plusieurscirconstances, son concours aux ministres, et lui donna unrendez-vous mystérieux dans une cave des Tuileries. Marie-Antoinette posa les conditions de son marché avec le tribun,suivant ce quelle dit elle même dans une lettre adressée aumarquis de Bombelles : « J’ai donné au comte de Mirabeau» une première somme de deux cent mille écus; je me suis» engagée à lui payer une pension de cinquante mille livres» par mois et à l’élever au ministère ; ensuite je lui ai livré» mes mains à baiser, faveur qu’il a reçue avec des transports» de joie tellement inexprimables, que ce gentilhomme, qui«jusqu’alors m’avait paru un démon déchaîné par l’enfer,» me sembla un ange descendu du ciel pour sauver la fa-» mille royale. »

En échange des faveurs de la reine, Mirabeau travaillasourdement pour la cour; il lit décréter la loi martiale contreles attroupements de citoyens ; il émit l’opinion que dans uneassemblée législative le pouvoir exécutif devait avoir la plusgrande influence, et employa tous ses efforts pour faire ad-