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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

beau et sur la Fayette pour arrêter la marche de la révo-lution et faire peu à peu rétrograder les esprits. Vainespoir ! chaque jour enlevait à l’un et à l’autre de ces grandsmeneurs quelque parcelle de leur popularité et les rendait-impuissants à soutenir le trône vermoulu des Gapets.

Une cérémonie imposante, la fête de la fédération, qui avaitété annoncée pour célébrer le jour anniversaire de la prisede la Bastille, vint encore resserrer les liens de la frater-nité et accroître la haine pour le despotisme. Cette fête de-vait avoir lieu au Champ-de-Mars ; mais comme l’état duterrain offrait de graves inconvénients pour la disposition desestrades, la Commune de Paris dut faire un appel aux tra-vailleurs volontaires de toutes classes, de toutes professionset de tous les âges, pour aider à former des tertres autourde cette vaste enceinte Plus de cent mille citoyens répon-dirent à l’appel des magistrats, et pendant deux semainesremuèrent, transportèrent, tassèrent les terres au son desinstruments de musique et au bruit de cent orchestres quianimaient les scènes et égayaient le travail. Dans ces fonctionsde manœuvres, les Parisiens apportaient une telle effusionde fraternité, un enthousiasme si ardent pour la liberté,qu’on se sentait transporté d’admiration pour ce peuplebon, laborieux et frugal. Il y avait dans ces processions dedistricts conduits à la pelle et à la pioche par leurs munici-palités provisoires, dans cette multitude d’hommes qui fai-saient eux-mêmes et admirablement la police de l’atelier,une foi sociale capable d’enfanter des miracles sous la direc. tion d’un pouvoir qui l’aurait partagée. Mais pour la royauté,la fête de la fédération était comme une nouvelle insulte, en