[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 279
ce qu’elle rappelait le souvenir d’une de ses plus éclatantes dé-lai tes. Néanmoins Louis XVI dut y assister avec toute sa cour.
Dans ce jour solennel du 14 juillet 1790, le Champ-de-Mars présenta l’un des plus imposants spectacles que jamaisl’œil des hommes ait pu contempler. Au milieu d’une galeriedisposée devant l’École militaire s’élevait un riche pavillonsurmonté de drapeaux blancs, qui couvrait le trône surlequel était assis le monarque ; à sa droite, sur la mômeestrade, se trouvait le fauteuil occupé par le président del’Assemblée constituante ; dans le fond du pavillon, sur unetribune réservée, se tenaient la reine, le dauphin et lesprincesses. En avant de la galerie, sur un vaste amphi-théâtre, étaient disposés des gradins occupés par les députéset les corps constitués invités à la cérémonie; enfin, surl’esplanade se déployaient les lignes des confédérés, aunombre de onze mille hommes, pour les armées de mer etde terre, et de dix-huit mille pour les gardes nationales.Trois cent mille spectateurs formaient un épais rideau autourde cette vaste enceinte. Dans l’intérieur, on avait dressé l’autelde la patrie ; deux cents prêtres, revêtus d’aubes blanches queserraient de larges ceintures tricolores, garnissaient les degrésde l’autel et assistaient l’un des plus illustres prélats patriotesde l’époque, l’évêque d’Autun, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord , qui célébra l’office divin. Après la messe, les fédé-rés défilèrent devant l’autel, et prêtèrent le serment civique.Ensuite Louis XVI se leva, et du haut de son trône prononçala formule suivante : « Moi, roi des Français, je jure à la» nation d’employer tout le pouvoir qu’elle m’a délégué à» maintenir la constitution et à faire exécuter les lois »