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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Les mêmes fêtes de la fédération furent répétées dans lesprovinces et excitèrent dans le peuple et dans l’armée un en-thousiasme incroyable ; les agents de l’autorité prirent entinquelque inquiétude de ces manifestations, et s’occupèrent desmoyens de les étouffer. Le ministre de la guerre, de la Tourdu Pin, ne songea rien moins qu’à faire décimer les régimentssuspects, en se servant des soldats suisses ou allemands, etprovoqua en sous-main des rébellions dans plusieurs corpspour avoir occasion de sévir. A Nancy , il eut un succèscomplet; par ses ordres, le marquis de Bouillé, cousin de laFayette et gouverneur de la province, vint investir, à la tête detroupes dévouées, trois régiments de la garnison suspectésde patriotisme. Cet infâme, non content de faire verser lesang de braves soldats dont tout le tort était de se rappelerqu’ils étaient des hommes et non point des machines, tournasa fureur contre les habitants et en lit un massacre effroya-ble. Plus de trois mille citoyens furent égorgés par les farou-ches satellites du gouverneur, et parmi les victimes, huitcents femmes, dont plusieurs enceintes, et de toutes jeunesfilles que ces monstres avaient préalablement violées.
Quand ces terribles exécutions furent terminées, le mar-quis de Bouillé rendit compte de sa campagne dans les termessuivants : « J’ai l’honneur de vous apprendre que j’ai heu-» reusement rempli vos intentions en ce qui concernait les» trois régiments travaillés par les démocrates; le Mestre-» de-camp est en fuite, celui du Roi est caserné et repen-» tant, celui de Château-Vieux est presque exterminé, plu-» sieurs milliers de patriotes sont tués, le club des Amis» de la Constitution incendié; enfin, je n’ai perdu que