[XV11I. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 281
» trois cents hommes, et le calme est parfaitement rétabli. »Aussitôt que la nouvelle de ces massacres fut connue à lacour, Louis XVI envoya à l’Assemblée nationale une lettreque nous rapportons textuellement : « J’ai chargé M. de la» Tour du Pin de vous informer des événements qui ont» rétabli l’ordre dans la ville de Nancy; nous le devons à la» noble conduite et à la fermeté du marquis de Bouillé. J’es-» père que désormais on ne verra plus aucun régiment se» montrer indocile à la discipline militaire. »
Les Parisiens furent loin de partager les sentiments dumonarque au sujet des boucheries de Nancy ; à la premièrerumeur des atrocités qui s’étaient commises dans cette mal-heureuse cité, une émeute de quarante mille hommes assiégeal’Assemblée nationale et vint demander le renvoi des mi-nistres qui avaient autorisé les massacres ; une autre bandede quatre à cinq mille individus se porta à l’hôtel de la guerrepour s’emparer de la personne du ministre ; mais celui-cis’était prudemment enfui à Saint-Cloud , et avait laissé unegarde nombreuse et des canons pour défendre le ministère.Le lendemain, les mêmes hommes se rassemblèrent auxTuileries et renouvelèrent les cris : « A bas les ministres ! »Cette démonstration hostile de la population contre l’autorité,décida Necker à donner sa démission et à partir furtivementdans la nuit. Sa retraite entraîna celle des autres ministres,à l’exception de Montmorin, qui resta au département des af-faires étrangères. Duportail fut élevé à la guerre, Fleurieuà la marine, et Duport-Dutertre à la charge de garde dessceaux; l’Assemblée nationale s’empara de la direction desfinances. Quand l’effervescence des citoyens fut calmée, la