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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Constituante reprit ses délibérations relativement aux affairesde Nancy ; et comme la majorité des représentants, dirigéepar Mirabeau, était vendue à la cour, elle décida qu’il seraitadressé des remercîments au général Bouillé sur sa conduite.La Commune alla plus loin encore : à l’instigation de Bailly,elle fit une cérémonie funèbre au Champ-de-Mars , en l’hon-neur des séides de la tyrannie qui avaient été tués dans lamêlée. La Fayette prononça également l’éloge de l’exécrableBouillé, et voulut lui faire voter des remercîments par lesgardes nationales qui étaient sous ses ordres. Vingt-huit ba-taillons sur soixante refusèrent d’adhérer à cet acte d’infa-mie; deux surtout se distinguèrent par des arrêtés très-éner-giques ; les trente-deux autres se couvrirent de honte en ré-pondant aux vues du général. Cette disposition d’une partiede la bourgeoisie de Paris à suivre l’impulsion des chefs,inspira aux meneurs l’idée de donner au roi une maisonmilitaire composée de six mille gardes nationaux du centre,la plupart gens tarés.
Ce projet excita de violentes oppositions dans la partiesaine de la Constituante et dans le peuple; vainement la courorganisa une sorte de ligue de spadassins qii’elle déchaînasur les députés les plus hostiles à sa politique; l’opinionpublique fit explosion et empêcha l’exécution de ses coupa-bles manœuvres. Louis XVI se rejeta alors du côté des étran-gers, et pressa les armements qu’il faisait solliciter depuislongtemps. Voici la lettre qu’il envoya au roi de Prusse Fré-déric-Guillaume , que nous trouvons dans un ouvrage inti-tulé «Mémoires d’un homme d’État, » et qui n’a jamais étédémentie: «Je viens de m’adresser à l’empereur d’Allema-