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[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 283

» gne, à l’impératrice de Russie, aux rois d’Espagne et de» Suède ; je leur présente l’idée d’un congrès des principales» puissances de l’Europe , appuyé d’une force armée, comme» la meilleure mesure pour arrêter ici les factieux, pour» donner le moyen de rétablir un ordre de choses plus dé-» sirable, et empêcher que le mal qui nous travaille puisse» gagner les autres états. J’espère que votre majesté ap-» prouvera mes idées et qu’elle me gardera le secret le plus» absolu sur la démarche que je fais auprès d’elle, parce que» les circonstances où je me trouve m’obligent à la plus» grande réserve.»

Les puissances étrangères accueillirent favorablement lademande du roi; toutefois elles signifièrent au baron de Bre-teuil, qui était chargé des négociations au nom de sa ma-jesté , quelles ne déclareraient la guerre à la France que sousla condition expresse que Louis XVI se mettrait à la tête desarmées coalisées. Cette décision des souverains déterminala cour à prendre définitivement des mesures pour assurer safuite hors du royaume ; mais la chose n’était plus aussi facile, àcause de la surveillance active qu’exerçaient les districts sur lechâteau. On chercha d’abord à occuper les esprits en faisantélever Mirabeau à la présidence de la chambre des représen-tants ; ensuite on essaya d’intimider les patriotes en opérant demystérieuses arrestations, et en les traduisant devant les bu-reaux de la ville sous les plus frivoles prétextes ; enfin on or-ganisa des bandes de nobles qui prirent le nom de chevaliersdu poignard, et qui n’osant pas attaquer au grand jour les écri-vains démocrates, les assassinèrent le soir au coin des rues.

Lorsqu’on jugea le moment favorable, on fit partir Mes-