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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
dames, tantes du roi, pour l’Italie , avec un passe-port délivrépar la Constituante et contresigné par le monarque ; puis onorganisa une émeute pour donner le change aux patriotesqui veillaient constamment sur les Tuileries et pour les at-tirer sur un autre point de Paris . Dans la journée qui avaitété fixée pour la fuite de la famille royale,, des agents depolice firent circuler la nouvelle que l’on devait transporterau milieu de la nuit, dans le donjon de Vincennes , des pou-dres et des munitions. Des cohortes de mouchards se ré-pandirent dans les rues du faubourg Saint-Antoine, pro-pagèrent les bruits de prétendues conspirations royalistes,ameutèrent les ouvriers et les excitèrent à se porter surVincennes . Bientôt l’exaspération devint extrême, et toute lapopulation se mit en route pour démolir l’affreux donjon,cette seconde bastille du despotisme. Pendant que l’émeulefranchissait les barrières de la capitale, une autre comédiese passait dans l’intérieur des Tuileries ; un certain marquisde Court, ancien lieutenant de roi à Salins, se faisait arrêterdans la chambre du dauphin, armé d’un stylet-baïonnette ;et sous prétexte de mettre en sûreté la famille royale, onfaisait évacuer le jardin et l’on garnissait les avenues detroupes dévouées à la cause. C’était le signal dont la courétait convenue avec les chevaliers du poignard, pour leurindiquer le moment où ils devaient s’introduire dans le châ-teau; car ces misérables, qui étaient au nombre de plus desept cents, avaient leur rôle dans cette affaire : ils devaientsimplement égorger les postes de l'intérieur du palais occupéspar la milice bourgeoise. D’autre part, le général la Fayetterassembla la garde nationale et se dirigea du côté de Vin-