[XVIII.S.] CRIMES dès ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 293
» elles n’envahiront la France que pour la remettre sous le» joug de l’antique monarchie. Leur but est de faire triom-» pher la partie saine de la nation et d’abattre ou d’exter-» miner la partie délirante. Bientôt, nous osons l’affirmer,» les Français , las de prodiguer leurs biens et leur sang, de» voir leurs cités et leurs champs couverts de cadavres et de» ruines, renonceront à défendre une liberté toujours fatale» aux peuples. Bientôt Paris , cette ville impie, accablée par» des armées puissantes, verra tous ses démagogues expirer» dans les lortures et dans les plus affreux supplices. »
Louis XVI , toujours prompt à s’abuser, regarda la causede l’absolutisme comme sauvée, puisque les rois prenaientsa défense, et s’endormit dans une douce sécurité. Marie-Antoinette partagea les espérances de son mari ; mais au lieude se tenir dans le repos, elle renoua de nouvelles intrigues,afin de donner plus de force au mouvement réactionnaire.
Enfin la Constituante termina ses sessions le 30 septembre,après vingt-huit mois d’existence, et après avoir rendu dansun si court intervalle deux mille cinq cents décrets, lois ouarrêtés. Cette assemblée fermait ses travaux sous de tristesauspices : à Paris , la cherté croissante du pain excitait desourdes rumeurs; dans les provinces, la circulation des grainsétait de nouveau entravée; partout existait une inquiétude etun malaise qui semblaient les avant-coureurs de la guerre ci-vile. La cour, loin de s’appliquera calmer les esprits, cherchaau contraire à accroître les désordres pour amener une rup-ture entre les partis qui commençaient à se former, et qui sedivisaient en républicains purs, en girondins, en constitu-tionnels , en orléanistes, en monarchistes et en absolutistes.
38
x.