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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

Un des ministres de Louis XYI, Bertrand de Molleville ,s’est chargé lui-même dans ses mémoires de nous apprendrequels moyens on employait de son temps pour faire naîtredes collisions entre les citoyens et pour assurer le vote desprojets qu’il importait à la couronne de faire passer. Commecette tactique odieuse fut mise en œuvre sous la Constituanteet sous la Législative, nous rapportons le passage des mé-moires du ministre pour servir à l’intelligence des faits. Cesera un grave sujet de réflexions et peut-être de rapproche-ments avec les turpitudes de nos gouvernants du jour.

Bertrand de Molleville s’étend fort complaisamment surles ignobles fonctions dont il avait été investi pendant sonministère de la marine. « Le roi, dit-il, me confia le soin dediriger un établissement secret de surveillance et d’obser-vation, monté originairement par Alexandre de Lameth etconduit depuis par Delessart . 11 consistait en une trouped’agents subalternes de police, qui devaient assister régu-lièrement aux séances des assemblées municipales à cellesdes clubs, suivre les groupes du Palais-Royal, des Tuileries,éclairer les cafés principaux et les cabarets des faubourgs.Parmi eux, les plus intelligents étaient chargés de réfuter lesmotions incendiaires ou d’en faire d’autres suivant la poli-tique à l’ordre du jour. Ces mêmes hommes étaient égalementemployés pendant la nuit à afficher des placards royalistesou constitutionnels, selon les circonstances.

« 11 existait un autre établissement du même genre pouragir sur l’assemblée des représentants de la nation. Les chefsrecevaient directement leurs instructions de la cour et étaientseuls dans le secret. Ils recevaient 50 livres par jour de trai-