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[XV11I. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 295

lement ou 18,000 livres par an; les sous-chefs, choisis parles premiers, n’avaient que 25 livres; les adjudants étaientnommés par les chefs ou les sous-chefs; ils ne se connais-saient pas entre eux, et avaient pour mission de recruterchaque jour vingt-cinq bandits et de les conduire à l’Assem-blée; ils recevaient 10 livres pour eux et 50 sous pour chacunde leurs hommes. On formait ainsi des cohortes de trois àquatre cents mouchards qui envahissaient les tribunes del’Assemblée nationale, et à commandement applaudissaient,huaient, criaient, pour appuyer les motions ou pour les com-battre. Dans certains cas, lorsqu’il y avait par trop de ré-sistance, ils devaient lever le bâton, comme pour frapper lesdéputés qui étaient le plus rapprochés d’eux, en criant quel’Assemblée nationale était composée d’un tas de gueux qu’ilfallait assommer. »

llélas! de nos jours, de pareils scandales se sont renou-velés; des députés ont été insultés, menacés par des agentsde police mêlés aux gardes nationaux et revêtus de l’uniformede la milice bourgeoise. Ce qui démontre que les traditionsde l’absolutisme se sont conservées pures et intactes dans lamonarchie consti tutionnelle.

« Comme les moyens ordinaires, ajoute Bertrand de Mol-leville, étaient insuffisants pour arrêter les progrès des révo-lutionnaires, il fallut songer à créer de nouvelles brigades.J’établis dans une maison du Carrousel, en lace des Tuile-ries , sous le nom de Club français ou national, une réunionqui devait servir de point de ralliement aux officiers et auxsoldats stipendiés de la garde nationale, aux royalistes quise trouvaient à Paris et aux embaucheurs d’ouvriers. Les