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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

membres de cette troupe étaient destinés à jouer différentsrôles : les uns se mêlaient à la milice bourgeoise, sous pré-texte d’aider au maintien de l’ordre, et en réalité pouramener des collisions; les autres servaient en quelque sortede boucs émissaires, et au risque d’attraper des horions,ils devaient provoquer la garde parisienne dans les émeutes.Ces derniers étaient affublés de bonnets rouges et armés depiques fournies par le club.

» Le roi me félicita sur le plan de ces compagnies, et auto-risa les dépenses qu’elles nécessitaient et qui se montaient àquatre ou cinq mille livres par jour, y compris les faux-fraiset les rafraîchissements, qu’il fallait fournir au club à très-basprix pour y attirer un plus grand nombre de soldats. Lespiques et les bonnets rouges coûtèrent environ cent mille li-vres, et cet établissement fut monté complètement en quatrejours. Presque à la même époque j’en formai un autre dumême genre et également utile, quoique moins apparent. 11consistait dans une troupe de bandits intrépides et sûrs, tirésdes galères et commandés par un nommé Lieutaut, qui avaitjoué un des principaux rôles dans une insurrection contre-révolutionnaire à Marseille . Le service de cet agent et de sesbandes était dirigé et payé par M. de Monceil. Ces hommesservaient à organiser des émeutes, à porter l’effervescence àson plus haut point d’exaltation, au besoin, à commettre desmeurtres et des atrocités pour soulever l’indignation desbourgeois, et les amener à faire usage de leurs armes contrele peuple. D’autres agents étaient préposés à la distributionde pamphlets qui empruntaient les couleurs patriotiques pourfaire prendre en haine le parti révolutionnaire, en exagérant