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[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 297

ses principes et en effrayant les citoyens sur le partage desbiens. Les mêmes individus étaient chargés de placarderpendant la nuit sur les affiches patriotiques de fausses affiches,qui avaient les mêmes titres, le même format, la même cou-leur de papier et le même style que les véritables, afin d’at-tirer mieux les lecteurs dans les pièges que leur tendait lacour. Un grand nombre d’écrivains étaient attachés à la ré-daction de ces journaux-affiches, ainsi qu’à celle de plusieursfeuilles périodiques. »

Telles étaient les mesures infâmes au moyen desquellesLouis XVI espérait arrêter l’élan révolutionnaire de la na-tion. Mais dans le court intervalle qui s’était écoulé entrela promulgation de la constitution et la clôture de l’Assem-blée nationale, les collèges électoraux s’étaient rassembléset avaient nommé des députés pour continuer l’œuvre de larégénération sociale de la France . Le 1 er octobre, les nou-veaux mandataires du peuple entrèrent immédiatement enséance et prirent le nom d’Assemblée législative . Ils étaientan nombre de sept cent quarante-cinq membres, dont prèsde quatre cents étaient de simples avocats. On remarquait aupremier rang, Danton, Robespierre , Billaud-Yarennes,Bazire, Carnot, Brissot, Gensonné, Vergniaud , Isnard etquelques autres membres des clubs des Feuillants et desJacobins, qui devaient bientôt changer les destinées de laFrance .

L’ouverture de la Législative eut lieu avec une solennitéextraordinaire ; l’acte de la constitution fut porté à la séance,par une députation de vieillards, comme un objet sacré; tousles députés, le président Pastoret en tête, firent le serment