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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
tures de Louis-Philippe d’Orléans, et acheta son concoursmoyennant une somme de 6,000,000 de livres ; il donna leportefeuille de l’intérieur à Roland de la Plâtrière, celui dela guerre à Pierre de Grave, la marine à Lacoste, la justiceà Duranthon, et les finances à Étienne Clavière .
En mettant les meneurs du parti girondin à la tête desaffaires, la cour fit preuve d’une grande habileté; car elleles obligea de cette manière à devenir à leur insu les instru-ments de sa politique. La guerre fut déclarée au roi de Bo-hême et de Hongrie, fils de Léopold II , qui deux mois plustard fut proclamé empereur d’Allemagne sous le nom deFrançois IL La France mit aussitôt trois armées en campa-gne, et les envoya aux frontières; l’armée d’Alsace reçutpour chef Luckner , un étranger qui dans la guerre de septans s’était battu contre la France ; l’armée de la Moselle futplacée sous le commandement de la Fayette, et celle de laSambre sous les ordres de l’inepte Rochambeau . La directiongénérale des opérations militaires demeura confiée à Du-mourier et au comité secret de la reine.
Dès que le champ fut libre pour la trahison, Marie-Antoi-nette et ses infâmes conseillers envoyèrent au duc de Bruns-wick , généralissime des armées ennemies, les plans de lacampagne et le mirent à même de faire avorter toutes nosentreprises ; de plus ces misérables, pour accélérer la ruinede la France , combinèrent des embuscades avec les Autri-chiens, et y firent conduire nos soldats par leurs propresofficiers. Ainsi le général Théobald Dillon, parent du beauDillon, l’amant de la reine, fit exterminer par les Autrichiensun corps de plusieurs milliers d’hommes dont il avaitle com-