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[XVIII.S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 303

mandement ; ce traître reçut la juste punition de son infamie ;les soldats qui avaient échappé au massacre le pendirent àleur entrée à Lille . Une autre division de l’armée de Rocham-beau faillit également devenir victime d’une semblable ma-chination; mais grâce à la valeur du chef, qui cette foisn’était pas dans le complot, elle put opérer sa retraite.

Les échecs multipliés de nos troupes éveillèrent enfin lessoupçons; de toutes parts on cria à la trahison, et la voix dupeuple signala les coupables. L’Assemblée législative s’émutà son tour, se déclara en permanence; et d’après les dénon-ciations qui furent faites dans son sein , elle enleva au roi sagarde soldée et la remplaça par la milice bourgeoise.

D’autre part, les ministres girondins, furieux d’avoir étépris pour dupes, firent cause commune avec l’opposition,et chargèrent leur collègue Servan, qui avait remplacé Pierrede Grave à la guerre, de solliciter de l’Assemblée législative , àl’occasion du prochain anniversaire de la prise de la Bastille,un décret qui autorisât le renouvellement du serment de fé-dération de toutes les gardes nationales du royaume, et luformation d’un camp de patriotes sous les murs de Paris .Louis XVI , dont l’audace avait grandi tout à coup depuisles dernières victoires des étrangers, refusa de sanctionnerce décret, retira le portefeuille aux auteurs de la proposition,et nomma de nouveaux ministres.

Toutes les sectionsde Parisprotestèrentimmédiatementcon-tre l’usage que la couronne faisait du veto, et nommèrent descommissaires pour venir présenter à l’Assemblée législative etauroi une pétition concernant les mesures rejetées. Préala-blement les sectionnâmes s’adressèrent au conseil général de la