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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIIL S.]
commune pour obtenir l’autorisation de planter un arbre de laliberté sur la terrasse des Feuillants, en mémoire de la séancedu Jeu de paume. La municipalité enréféra aussitôt au direc-toire du département; celui-ci rejeta la demande et déclaraqu’il emploierait la force armée pour empêcher tout rassem-blement, si l’on tentait de passer outre à sa défense. Vainesmenaces ! En dépit du mauvais vouloir des suppôts de la ty-rannie, le 20 juin, dès cinq heures du matin, les ouvriersdes faubourgs, les gardes nationales, les femmes, les enfants,se réunirent sur les places publiques. L’alarme se répanditau château ; les fougueux royalistes parlèrent d’envoyer destroupes contre les rassemblements, et de faire écharper lessans-culottes avant qu’ils eussent le temps de s’armer. Maisla nouvelle de l’approche des volontaires de la Bastille fitbien vite disparaître ces velléités de courage. Les citoyensse formèrent en bataillons, et descendirent lentement desfaubourgs, pour se réunir à la place des Feuillants, devantla principale entrée de l’Assemblée législative . Vers les deuxheures, le cortège se trouvait composé d’un nombre prodi-gieux d’hommes, de femmes, d’enfants, quelques-uns armés,et la plupart vêtus de leurs habits de fêtes et parés de rubans.
Une députation fut alors envoyée par le peuple auprès del’Assemblée pour lui porter un tribut d’hommages, et enmême temps pour demander l’autorisation de présenter unepétition , et d’être admis à l’honneur de défiler devant elle.
Les deux choses ayant été accordées, la députation fut in-troduite à la barre, et fit entendre, par l’organe de son ora-teur Huguenin, une exposition claire et succincte de sesgriefs contre la royauté, ainsi que des remèdes à apporter