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[XVIII. S.] CRIMES DÉS ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 305

pour cicatriser les plaies de la patrie. Ensuite les sections,conduites par Santerre et Saint-Hurugue, entrèrent dans lasalle, défilèrent aux acclamations des tribunes, sortirent parla porte du manège qui conduisait au passage des Feuillants,et se dirigèrent du côté des Tuileries . Des ordres de la courtirent aussitôt fermer les grilles et les autres entrées du jar-din. Un bataillon de la garde nationale vint occuper les ave-nues avec trois canons chargés à mitraille et dirigés sur lepeuple. Il y eut alors un moment d’hésitation; mais l’af-fluence augmentant toujours, les personnes qui se trouvaienten tête de la colonne et qui étaient pressées au point d e-touffer, firent des efforts surnaturels, rompirent la grille,s’élancèrent sur la terrasse et envahirent le jardin. Aucungarde n’osa heureusement mettre le feu aux pièces.

Cette multitude inoffensive se reforma immédiatement enpeloton, défila en bon ordre sous les fenêtres du château,gagna la place du Carrousel et vint se présenter à la porteroyale, les membres de la députation en tête. Un canonnier,placé dans l’intérieur, leva la bascule qui retenait les deuxbattants et laissa le passage libre. En quelques instants legrand escalier du château fut inondé d’hommes, de femmeset d’enfants, qui se répandirent dans les appartements, de-mandant le roi à grands cris.

Louis XVI , tremblant, éperdu, ne sachant de quel côtéfuir et voyant son palais envahi, se décida, sur les repré-sentations de trois de ses ministres qui se trouvaient au châ-teau, à donner au peuple la satisfaction qu’il demandait et àpermettre aux sections de défiler devant lui. Il se rendit dansla pièce appelée l’QEil-de-bœuf, se retrancha dans l’embra-