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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

sure d’une fenêtre, monta sur une banquette, fit placer de-vant lui les ministres Beaulieu, Lajard et Terrier, cinq ousix autres courtisans et quatre grenadiers de la garde natio-nale , ensuite il donna l’ordre d’ouvrir. Vingt à trentehommes s’élancèrent aussitôt dans l’appartement. Le bou-cher Legendre, qui était l’un des premiers, lut d’une voixtonnante la pétition du peuple. Le monarque répondit enbalbutiant : « Je ferai ce que la constitution et les décrets» m’ordonnent de faire. »

La foule s’écoula, non sans donner des marques de sonmépris pour le monarque et des sentiments de haine que luiinspirait la vue de ce château où les rois avaient organisétant de massacres. Du reste, aucune menace ne fut adresséedirectement à Louis XVI . Un citoyen le somma seulement deplacer sur sa tête un bonnet rouge qu’il tendit à un officierde la municipalité et que celui-ci présenta au roi. Gommedans ce moment il eût été dangereux de repousser cet em-blème, sa majesté obéit.

Sur les six heures, Péthion, maire de Paris , accourut auchâteau, accompagné de plusieurs officiers municipaux, ha-ranguales citoyens,et parvint promptementà rétablir le calme.Par ses ordres, des gardes nationaux firent doucement re-fluer le peuple d’un côté, et de l’autre accélérèrent l’écoule-ment, de sorte qu’à huit heures les appartements étaiententièrement libres. Dans ce mouvement de retraite, quelquesgroupes envahirent la chambre du conseil, où se trouvaientla reine, Madame Élisabeth , le prince royal et la jeuneMarie-Thérèse-Charlotte sa fille. Pendant tout le temps quela foule défila devant la reine, celle-ci demeura debout,