Band 
X.
Seite
307
JPEG-Download
 

[XVIII. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 307

appuyée sur un jeune colonel du régiment de Yintimille,nommé Poissonnier-Despérières, qui tenait le dauphin dansses bras. Il ne se passa aucun incident digne de remarque.A dix heures, le château, les cours, les jardins lurent évacués.On n’eut à déplorer aucun malheur. Grâce au zèle de la mu-nicipalité et à l’admirable conduite des canonniers, pas unseul citoyen ne fut tué ni même blessé au milieu de cettegrande fermentation.

Dès le lendemain, les royalistes cherchèrent à exploiterles événements au profit d’une réaction, et dans leur aveu-glement ils osèrent rêver le rétablissement d’une monarchieabsolue appuyée sur la lorce brutale. Marie-Antoinette sejeta avec ardeur dans cette nouvelle voie, et déterminaLouis XYI à envoyer des instructions secrètes à la Fayettesur cet objet. Le général quitta immédiatement son armée,vint à Paris, comparut à la barre de l’Assemblée législative ,chercha à intimider les représentants, et annonça que sestroupes étaient indignées des violences commises dans lajournée du 20 juin, et qu’elles réclamaient par son organela punition des auteurs des troubles.

Plusieurs députés prirent la parole, flétrirent en termesénergiques la conduite du général, et le contraignirent à seremettre en route pour rejoindre son armée. La Fayette , parcette démarche inconsidérée, acheva de perdre le peu depopularité qui lui restait. Le jour même de son départ onbrisa son buste, qui avait été placé à la Commune, et on lebrûla en effigie devant le Palais-Royal .

Louis XVI essaya encore de lutter, et destitua Péthion,maire de Paris , et Manuel, procureur général de la ville,