308
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
pour les punir de ce qu’ils avaient autorisé la fête de la fédé-ration; mais l’Assemblée législative intervint, annula l’acleroyal, et décréta que, nonobstant le veto, la cérémonie au-rait lieu au Champ-de-Mars .
La cause de cette opiniâtreté du monarque à persévérerdans sa résistance aux volontés du peuple, provenait de cequ’il avait été instruit de l’invasion imminente de la France par les armées étrangères et de ce qu’il regardait le triomphedu despotisme comme assuré. Ses vœux sacrilèges furentdéçus. En vain il amoncela les obstacles, il multiplia lestrahisons; en vain il essaya d’augmenter la confusion, etprovoqua la démission de ses ministres, pour laisser la France sans organisation au moment où des armées formidablesmenaçaient les frontières, le patriotisme des citoyens suffità tout. Au premier appei de l’Assemblée législative , desmilliers de volontaires vinrent se ranger sous les drapeaux.
On atteignit au milieu de ces événements le 14 juillet,troisième anniversaire de la prise de la Bastille. La fête durenouvellement du serment fédératif eut lieu avec une pompeextraordinaire ; les six légions de Paris , les fédérés des dé-partements, la gendarmerie à pied et à cheval, les régimentsde cavalerie, les troupes de ligne, les membres de l’Assem-blée législative et tous les corps constitués se réunirent auChamp-de-Mars et prêtèrent le serment décrété aux cris de« Vive la nation! vive la liberté! « Louis XVI vint égalementrenouveler sur l’autel de la patrie le serment de rester fidèleà la constitution, dans l’espoir que les citoyens répondraientpar des cris de « Vive le roi ! » mais pas une voix ne fitentendre ce cri d’esclave.