[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 309
Neuf jours après, le 25 juillet, le duc de Brunswick, gé-néralissime des armées combinées de 1 empereur d’Autriche et du roi de Prusse, lança de son quartier général de Co-blentz son fameux manifeste de guerre, où se trouvaiententre autres choses ces étonnantes paroles :
« Les gardes nationaux et autres habitants de la France » qui oseront se défendre contre nos soldats seront punis
» sur-le-champ suivant les rigueurs du droit de la guerre.
» La ville de Paris sera tenue de se soumettre sans délai au
» roi très-chrétien.En outre, nous déclarons que si les
» Tuileries sont forcées, s’il est lait la moindre violence, le» moindre outrage à leurs majestés le roi, la reine ou à» quelque membre de la famille royale, nous en tirerons une» vengeance à jamais mémorable, en bombardant la capitale» et en livrant les révoltés aux pins terribles supplices .... Si,» au contraire, les Français se soumettent immédiatement à» l’empereur et au roi de Prusse, les souverains promettent» d’employer leurs bons offices auprès de Louis XVI pour» obtenir le pardon des erreurs d’une nation coupable. »
Ce manifeste fut connu dans la capitale le 28, ce qui sur-prit étrangement, vu la distance de Coblentz à Paris , et fitsupposer que la cour avait eu connaissance des démarchesdes ennemis et se plaisait à propager les mauvaises nouvellespour intimider les esprits. Mais l’cflet lut tout autre qu’onl’avait attendu; la trahison du roi exaspéra les citoyens; lesquarante-huit sections de Paris s’établirent en permanence ets’occupèrent de rédiger une pétition à l’Assemblée législa-tive pour demander la déchéance de Louis XVI . Une dépu-tation des volontaires marseillais les prévint dans l’accom-
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