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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

qu’au dernier. D’autres bataillons de volontaires royalistesdevaient également appuyer ce mouvement, et balayer lesrues Saint-Uonoré, de Rohan et les Champs-Elysées .

Comme on le voit, la cour avait fait ses dispositions debataille avec un soin tout particulier; et on ne saurait direce qu’il serait advenu de la liberté de la France si les défen-seurs de la royauté eussent eu le moindre courage. Mais aumoment d’agir, les nobles qui étaient à la tête des différentscorps eurent peur, et la monarchie fut perdue. La mort ducommandant général Mandat contribua surtout à les démo-raliser. Cet ofiicier, qui était reconnu pour l’organisateur detous les plans militaires de la cour, avait été mandé à la barrede la Commune, interrogé, jugé et décrété d’arrestation.Provisoirement on l’avait déposé dans une salle, d’où il étaitparvenu à s’échapper; mais il ne put arriver jusqu’aux Tui-leries ; le hasard le fit tomber dans un groupe d’insurgés; il.fut reconnu et on en fit prompte justice.

Sur les six heures et demie le rassemblement du faubourgSaint-Antoine franchit sans obstacle l’arcade Saint-Jean, etquand il fut passé, le commandant des troupes stationnéesà l’hôtel de ville n’osa pas exécuter les ordres sanguinairesqu’il avait reçus. Les sections du faubourg Saint-Marceaufranchirent également le Pont-Neuf , ayant les Marseillais entète, sans éprouver la moindre résistance. Le bataillon deHenri IV , qui devait les charger en queue, s’était débandé àleur approche; la gendarmerie, qui devait les prendre enliane, avait déclaré qu’elle ne brillerait pas une amorcecontre les citoyens; et ses officiers avaient été contraints dela conduire au Palais-Royal, de peur qu’elle ne se joignît