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[XVIII.S.] GUlMIiS DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 313

aux insurgés. Le peuple arriva sans combattre jusqu’à l’en-ceinte même des Tuileries , et bientôt vingt-cinq mille ci-toyens armés se trouvèrent rangés devant le château.

En voyant cette multitude de piques, de fusils et d’épéesétinceler au soleil, Louis XVI se troubla; mais sur les re-montrances de la reine il reprit une apparence de lermeté,descendit dans le jardin, passa en revue les troupes rangéesdans les cours en ordre de bataille, et leur adressa une allo-cution belliqueuse; puis il remonta dans ses appartements,où sa couardise naturelle ne tarda pas à reprendre le dessus;enfin il se décida à quitter le palais avec la reine, ses enfants,Madame Élisabeth, et à se rendre à l’Assemblée législative pour se mettre sous la sauvegarde de la loi, sans s’inquiéterautrement des personnes qu’il laissait derrière lui, et sanschanger les ordres hostiles donnés à ses satellites.

D’un autre côté, les commissaires des sections s’étaientrendus à la Commune, et en avaient pris possession en sedéclarant autorité révolutionnaire. Il était alors neuf heureset demie. Presque au même instant les exécutions sanglantescommençaient aux Tuileries . La section des Feuillants faisaitfusiller trois misérables qui étaient mêlés à une patrouille demouchards et qu’on avait reconnus sous leurs déguisements ;c’était un abbé nommé Bougon, l’ex-garde du corps Vigieret le journaliste Suleau, tous trois vendus à la cour. Quel-ques moments après l’action générale s’engagea. Les Mar-seillais, qui s’étaient avancés les premiers dans le châteaupour parlementer avec les Suisses , reçurent une déchargepresque à bout portant et furent obligés de se replier endésordre. Les sections du faubourg Saint-Antoine répondi-