HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
m.
» est descendu de la voiture ; à dix heures vingt-deux mi-» nutes il est monté sur l’échafaud; l’exécution a été aussitôt» consommée, et la tête montrée au peuple, aux cris de Vive» la République ! vive la nation! »
Le cadavre fut transporté immédiatement par un déta-chement de gendarmerie au cimetière de la Madeleine , situérue d’Anjou Saint-Honoré, déposé dans une bière et des-cendu dans la fosse, qui fut recouverte à l’instant.
Ainsi se termina ce drame sanglant, dans lequel Dieu permit qu’un roi, le moins coupable des princes de sa race,vînt apporter sa tête en holocauste pour expier les cruautésde Louis XI et de Charles IX , l’insolent despotisme deLouis XIY et les turpitudes de Louis XY.
Mais, hélas! si admirable que fût cette victoire sur laroyauté, elle ne put affermir la souveraineté du peuple; unenouvelle caste, la bourgeoisie, chercha à se rendre maîtressedu terrain et entrava la marche de la révolution. Bientôt laConvention, travaillée par des meneurs, et déjà scindée endeux factions, celle des girondins et celle des jacobins, devintle théâtre de scènes violentes; une foule d’hommes corrom-pus et avides transformèrent l’Assemblée nationale en unesorte d’arène, et poussèrent la France dans les abîmes del’anarchie. En outre, l’exécrable Louis-Philippe , impatientde recueillir l’héritage du sang, chercha à accroître les dés-ordres et fit jouer tous les ressorts de l’intrigue et de la cor-ruption pour paralyser l’action des jacobins et pour s’assurerles moyens de placer la couronne sur sa tête. D’autre part,les rois coalisés s’apprêtaient à envahir le territoire de lajeune république, et à attaquer toutes Jes frontières à la fois.