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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
et conduits à leur destination; la duchesse d’Orléans , quiétait malade, obtint seule l’autorisation de rester dans sarésidence de Vernon; le jeune Montpensier, second filsd Égalité, fut arrêté à l’armée de Biron et envoyé sous bonneescorte dans les prisons de Marseille .
Malgré l’absence du chef, la faction orléaniste continuases coupables manœuvres pour s’emparer du pouvoir, etexcita au sein de la Convention, entre les girondins et lesrépublicains qui siégeaient à l’extrémité gauche et qu’on appe-lait les montagnards, des disputes acharnées, dont on n’avaitpas eu d’exemples dans les fastes parlementaires. La choseétait d’autant plus facile, qu’il existait entre les deux partisdes opinions nettement tranchées : celui de la Montagne,qui comptait dans ses rangs les hommes véritablement ré-formateurs, poursuivait l’abolition entière de tous les pri-vilèges , et cherchait à assurer la prédominance du peuplesur les castes; celui de la Gironde , qui se composait desreprésentants de la bourgeoisie, prétendait avoir assez faiten renversant la royauté absolue, et cherchait à enrayerle char révolutionnaire et à accaparer le pouvoir à sonprofit. Entre ces deux factions, dont l’une voulait marcherencore et l’autre s’arrêter, la lutte devait être terrible. LaMontagne l’emporta d’abord sur la Gironde : elle fit décré-ter l’installation d’un tribunal criminel extraordinaire chargéde connaître de toutes les entreprises contre-révolution-naires, de tous les attentats contre la liberté, l’égalité, l’u-nité et l’indivisibilité de la République , la sûreté intérieureet extérieure de letat, et de tous les complots tendant à ré-tablir la royauté, ou toute autre autorité attentatoire à la