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[XVIII. S.]

REPUBLIQUE FRANÇAISE.

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souveraineté du peuple, que les accusés fussent fonction-naires civils ou militaires, ou simples citoyens. Elle fîtadopter une loi pour l’établissement d’un comité de salutpublic composé de neuf membres , dont les attributions con-sistaient à surveiller et à diriger l’action du pouvoir exécutif;en outre, elle obtint que des commissaires pris dans la Con-vention seraient envoyés pour éclairer la conduite des géné-raux des armées du Nord et des Ardennes, de la Moselle , duRhin, des Alpes, des Pyrénées-Orientales, des Pyrénées-Occidentales, des côtes de la Rochelle , des côtes de la Manche,de l’Ouest, afin de prévenir de nouvelles trahisons.

La Gironde n’ayant pu empêcher l’adoption de ces me-sures, qui tendaient à consolider de plus en plus le pouvoirde la démocratie, chercha à discréditer ses adversaires dansl’opinion publique; elle répandit les plus noires calomnies surles principaux montagnards, et accusa Robespierre , Sainl-Just et Marat d’aspirer à la tyrannie; elle enleva même,quoiqu’à une faible majorité , un décret d’arrestation contrece dernier. Cette victoire insignifiante fut promptement suivied’un nouveau revers; le tribunal révolutionnaire prononçaun verdict d’acquittement, et Marat fut ramené en triompheà la Convention , au milieu de ses accusateurs consternés.

Néanmoins les girondins ne perdirent pas courage; ils re-nouvelèrent leurs déclamations contre les prétendus anar-chistes, effrayèrent les représentants sur les tendances ultra-républicaines de la Commune de Paris, dont les membresétaient partisans de la Montagne, et arrachèrent à la pusil-lanimité un décret qui autorisait la création d’une commis-sion extraordinaire de douze membres pour examiner les ar-