[XVIII.S.]
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villes contre les autorités instituées par la capitale, en ou-vrant les places fortes aux étrangers. D’autres, non contentsd’appeler sur leur patrie tous les désastres de l’anarchie,cherchèrent à exciter le fanatisme contre les chefs de laMontagne. Ils y réussirent : une jeune fille de Caen , Marie-Anne-Charlotte Corday , exaltée par les discours furibondsdes girondins réfugiés dans cette ville, et brûlant du désirinsensé de faire passer son nom à la postérité, forma leprojet de tuer Marat. Elle se rendit à Paris , acheta uncouteau à gaîne au Palais-Égalité , ci-devant Palais-Pioyal,et porta une lettre chez le montagnard. N’ayant pu être ad -mise auprès de Marat , qui alors était très-souffrant, elle seretira. Le soir, elle revint vers les sept heures et fut intro-duite; le représentant était dans un bain; elle lui donna unpapier sur lequel étaient écrits des noms, l’entretint de pré-tendues conspirations, et profitant du moment où il prenaitdes notes, elle le frappa avec son couteau si violemment,que la lame pénétra jusqu’au cœur.
Avant d’expirer, la victime put encore appeler au secours :on accourut à ses cris, et Charlotte Corday fut arrêtée. Deuxjours après elle fut décapitée. Le corps de Marat fut exposéà la vénération du peuple, et ses obsèques célébrées avecune pompe extraordinaire. Un prolétaire de la section de laRépublique prononça sur sa tombe un discours qui peintadmirablement les sentiments qu’inspira ce triste événement :«Il est mort l’ami du peuple!... il est mort assassiné!...«Ne prononçons point son éloge sur ses restes inanimés;» son éloge se trouve dans sa conduite, dans ses écrits, dans» sa plaie sanglante, dans sa mort.... Notre consternation,